
Croisant les champs de l’art visuel, de la musique et de l’édition, la pratique de Sébastien_Rien se caractérise – dans une certaine mesure – par une répartition de ces champs, dès lors indépendants. On ne parlera pas d’ « œuvre multimedia », même si ce qualificatif s’applique à son travail, cette fois envisagé globalement. L’intermédia est ici compris comme une manière de passer d’un médium à un autre. Ici, l’art numérique n’est pas le terrain ludique de l’expérimentation technologique, multimédia et de l’interactivité. Il est un moyen pour l’artiste de procéder à une technique de collage, de superposition ou de déconstruction singulière. Cette technique est notamment utilisée dans un travail de manipulation de l’image dont il va, au fur et à mesure, déconstruire les paramètres de composition (au départ de prélèvements de certaines zones de l’image). Par là c’est le sens de l’image qu’il dénature. Le processus de fabrication pour ce type d’œuvres est devenu systématique. Le seul outil dont il fait usage est la ‘baguette magique’ du logiciel de retouche, ce qui entraîne un processus de déconstruction ou d’effacement dépendant exclusivement des zones qui auront été sélectionnées. Malgré une certaine automatisation à laquelle a abouti cette technique, une part d’aléatoire et d’accidentel persiste dans la pratique de dénaturation. Parce qu’il s’agit bien, au fond, d’une volonté de « dénaturer » l’image initiale. L’archétype perd sa signification, et de prélèvement en prélèvement l’effacement s’opère. Il ne subsiste que des traces. L’effacement devient par ailleurs une autre manière de faire apparaître des images, fragments ou dérives de l’archétype. La superposition d’éléments est aussi fréquemment employée. En parallèle à une pratique visuelle, plastique, Sébastien-Rien travaille les domaines de la musique et de l’édition. Musicien il propose une vision personnelle des flux de la création électronique contemporaine, se jouant et jouissant des beats, du rythme et de l’arythmie dans leurs retranchements parfois extrêmes (
Léviathan). Dans un autre versant de sa création sonore (Sébastien_Rien), c’est l’expérimentation qui sera privilégiée, non sans lien avec cet intérêt pour la « dénaturation » de l’anecdote. Ici, l’électronique à rythme cède le pas aux manipulations instinctives, minimales, au détournement voire au travestissement du sonore. Ce versant, sans doute plus personnel, ne renvoie plus à la célébration électronique du rythme adressée à quelque audience. Il s’agit davantage d’un travail sur le fond, l’idée et la forme. L’artiste est par ailleurs actif au sein de la structure de microproduction et de diffusion multimedia Verrue, dont il est l’un des co-fondateur, aux côtés d’
Opana_Kramer.
Sébastien_Rien est l'organisateur des soirées
Charbon_Mazout depuis 2004.
Sébastien Biset